Paradis Artificiel​(​s)

by Philippe Cohen Solal

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kaleidoscopeman Surreal electronica... sitar, opera, a Gainsbourg-like vibe on some tracks... Japanese and French vocals... really everything I could have hoped for and more... awesome stuff ! Favorite track: Shizuka.
Mari Luukkonen
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Mari Luukkonen Paradis Artificiel(s) is what you get when you merge electronica, Serge Gainsbourg, nu classical and Gotan Project. Amazingly beautiful and mesmerizing! And then you just go with the flow...

Favorite track: Rue Baudelaire.
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about

La bande son du Club des Hachichins
Le premier album de Philippe Cohen Solal depuis Gotan Project
-
The sound track of the Hash Club of Paris
The first album of Philippe Cohen Solal since Gotan Project

« Il existait jadis en Orient un ordre d’un sectaire redoutable, commandé par un Cheikh qui prenait le titre de vieux de la Montagne… » Les premiers mots donnent d’emblée le diapason d’un album aux confins de l’extase fantasmagorique. Et le chœur d’entonner un mot d’ordre hallucinatoire : « Hachich, hachich, hachich… » À la manœuvre et au micro, une première, Philippe Cohen Solal, fondateur du label Ya Basta qui fut dès le début des années 1990 aux avant-postes de la musique électronique. On l’a connu artiste et producteur aux manettes de nombreux projets, Gotan Project et The Moonshine Sessions notamment. Le voici donc en maître de céans d’une cérémonie aux parfums d’inédit. La bande-son du Club des Hachichins, référence à une société secrète initiée par le docteur Jacques-Joseph Moreau, qui réunit de 1844 à 1849 en son sein Charles Baudelaire, Théophile Gautier, Honoré Daumier, Eugène Delacroix, Gustave Flaubert, Alexandre Dumas, Gérard de Nerval et Honoré de Balzac. Pas moins ! Tous fréquentèrent l’Hôtel de Lauzun, un hôtel particulier situé au cœur de Paris, où ils se retrouvaient lors de fêtes hallucinées pour déguster le « dawamesk », confiture de hachich accompagnée de café turc, et expérimenter les paradis artificiels. Au 17, quai d’Anjou, sur l’île Saint-Louis, l’endroit pour le moins fumeux fut tout autant fameux pour son salon de musique où chacun pouvait s’y perdre en doux délires, subtils délices…

Inaccessible depuis, le lieu demeurait mythique pour tout fin lettré, Gautier ayant lui-même laissé pour la postérité une nouvelle intitulée Le Club des Hachichins. Il aura fallu un coup du hasard pour que Philippe Cohen Solal ait la clef – comme dans un songe – pour le rouvrir en mars 2017, lors du Paris Music Festival. « L’idée première était de présenter une création directement inspirée du lieu, de son histoire et des textes de Baudelaire et Gautier. » Solal conviera un parterre de personnalités sous les lambris et dorures pour l’accompagner à pénétrer dans ce qu’il nomme un « fantasme d’adolescent ». Marie Modiano et Chassol, Maia Barouh et Olaf Hund, Elodie Bouchez et Patrick Bouchitey, le plasticien argentin Tasisto et l’écrivain Sélim Nassib, et ainsi de suite. Mot d’ordre de cette réunion aux larges horizons : cap sur l’expérimentation. « Une fête créative, où se rencontrent musique, littérature et psychotropes, comme dans un rêve ! » Devenu donc réalité, le temps de quatre jours qui firent date pour ceux qui ont eu l’heur d’y participer…

Las l’histoire aurait pu s’arrêter là. Oui mais voilà, Philippe Cohen Solal a de la suite dans les idées. Sitôt refermées les portes de l’Hôtel, il s’est donc attelé à la prolonger dans de longues soirées studio avec pour complices Marc Damblé (aka Babylotion/La Dame Blanche) et Florent Cortesi (aka Lazy Flow), pour tisser un tapis de douces ondulations de fréquences, un canevas soyeux qui fleure bon le post-modernisme des années 1990. « Je crois être un nostalgique paradoxal, aussi aimanté par le passé que par le futur et ce disque n’est ni plus ni moins qu’un album de nostalgie paradoxale. » Composée quelque part entre les rivages de Zanzibar et les rues de Paris, cette bande originale est tout à fait raccord avec une vision du monde, ouverte par essence, sans tabou par nature. Tout à la fois abstraite et mélodique, organique et électronique, raffinée et brute, la musique évoque/convoque de nombreux styles, de la chanson moirée au dub reconfiguré. Comme un trip pop propice à la rêverie sonore, elle offre l’espace d’une salutaire pause en ces temps qui pressent de toutes parts. « J’aime le mélange des genres et des instruments, la collision des cultures et des styles. En fait, je n’ai ni tabous ni frontières. Les voyages musicaux sont encore les seuls moments où l’on n’a pas à passer par des contrôles de police et des sas de sécurité. »

« Il était important pour moi d’introduire dans ce projet l’orientalisme, cher au XIXème siècle. », insiste celui que l’on sait rétro-futuriste avant l’heure. C’est ainsi que résonnent, par touches délicates, les notes du sitariste aveugle Narandra Bataju, septuagénaire disciple de Ravi Shankar, comme celles de l’accordéoniste Daniel Mille, les cordes sensibles du guitariste suédois Peter von Poehl et celle pas moins subtiles du jeune oudiste marocain Yacir Rami. Dans ces connexions qui délient les identités encartées, Maïa Barouh dialogue ainsi avec la soprano palestino-japonaise Mariam Tamari. D’autres voix sont bel et bien là : Alice Lewis, Amelia Teale, Edie Blanchard, ou encore Samito, un chanteur mozambicain vivant à Montréal. Chacun à sa manière, toutes singulières, invite à brouiller les pistes, à ne pas s’en tenir dans le droit fil d’un recueil de « poésie française chantée », histoire de serpenter sur les chemins buissonniers. Longtemps confiné derrière des machines à sons, Solal ose prendre le micro, récitant tel un chantre de ces instants « chanvrés ». Il y donne une relecture toute personnelle de certains textes de Gautier – « Le Club des Hachichins » – et de passages des « Fleurs du Mal » de Baudelaire. « J’utilise ma voix comme un instrument de musique avec parfois des effets électroniques pour la déformer. » Avec Marie Modiano à ses côtés pour l’ultime Rue Baudelaire, il y décline ainsi dans une ambiance habitée d’ésotérique mélancolie les nombreuses adresses parisiennes de l’écrivain, concluant par celle où il est mort : 1, rue du Dôme.

A chacun de se projeter dans cette bande originale, comme bon lui chante. A l’univoque, Solal privilégie l’oblique, à l’image de la pochette de l’album signée par le Chicagoan Carlos Rolón, connu des fans de street art sous le nom Dzine : l’œuvre Gild the Lily, Decadence Upon Decadence IX dépeint une floraison de couleurs au fort parfum hallucinogène. « J’aimerais que ce soit la bande-son d’un début de fête, de party, de fiesta… Comme les fameuses fantasia du Club des Hachichins. » Une réunion sans interdit, les sens en suspension. Emblématique de ce désir de rompre en douceur avec les codes de bonne conduite, A celle qui est trop gaie salue la mémoire d’Apollonie Sabatier, égérie des poètes élue « présidente » de ce club de poètes et de peintres réunis en cet autel particulier. La muse courtisane eut même pour amant Baudelaire, qui lui consacra un cycle de ses Fleurs du mal. Ce poème, pénultième thème du présent opus, valut à son auteur une saillie du Figaro. Dans un article daté du 5 juillet 1957, on peut y lire que « ce livre est un hôpital ouvert à toutes les démences de l’esprit, à toutes les putridités du cœur ; encore si c’était pour les guérir, mais elles sont incurables ». Suite à la condamnation de Baudelaire et de son éditeur lors d’un procès pour outrage à la morale publique et offense à la morale religieuse, le recueil fut ainsi expurgé de six poèmes, dont ces lignes transgressives à satiété. Il faudra attendre 1949 pour que Baudelaire soit enfin réhabilité, et son chef-d’œuvre réédité dans sa pleine intégrité. Et cet album « Paradis Artificiel(s) » pour que « l’heure des voluptés sonne »…
Jacques Denis

-- Artificial Paradise(s) by Jacques Denis

“Once in the Middle East, there was a formidable sectarian order, led by a Sheikh who claimed the title of Old Man of the Mountain...” From the outset, the first words are in tune with an album on the edges of phantasmagorical ecstasy while the chorus is singing a hallucinatory rallying cry: “Hashish, hashish, hashish...” Philippe Cohen Solal, founder of the record label Ya Basta that in the early 1990s was at the forefront of electronic music, is at the helm and for the first time on the mic. He is known as an artist and producer in charge of many projects, including Gotan Project and The Moonshine Sessions. As master of ceremonies he presents never before experienced perfumes.
The soundtrack of Le Club des Hashischins is a reference to a secret society initiated by Dr. Jacques-Joseph Moreau. From 1844 to 1849, the club brought together no less than Charles Baudelaire, Théophile Gautier, Honoré Daumier, Eugène Delacroix, Gustave Flaubert, Alexandre Dumas, Gérard de Nerval and Honoré de Balzac! They all frequented the Hôtel de Lauzun, a private mansion in the heart of Paris, where they met at hallucinatory parties to enjoy “dawamesk”, a hash jam served with Turkish coffee, and to experiment with artificial paradises. At 17 Quai d'Anjou, on the Île Saint-Louis, this place was just as famous for its smoke as it was for its music room. Here, everyone could lose themselves in sweet delusions, subtle delights...

For posterity, Gautier wrote a novella entitled Le Club des Hashischins. The club itself, inaccessible since its closure, remained mythical for any intellectual. As luck would have it, Philippe Cohen Solal managed to get the key – as if in a dream – and to reopen the mansion in March 2017, during the Paris Music Festival. “At first, the idea was to present a creation directly inspired by the site, its history and the texts of Baudelaire and Gautier.” Solal would invite a host of personalities by the wainscoting and gilded decorations to accompany him into what he calls a “teenager’s fantasy”. Marie Modiano and Chassol, Maia Barouh and Olaf Hund, Elodie Bouchez and Patrick Bouchitey, the Argentinian plastic artist Tasisto and the writer Selim Nassib, and so on. The motto of this session and with broad scope: focus on experimentation. “A creative party, where music, literature and the psychotropic meets, just like in a dream!” It then became a reality, for four days, a milestone for those who had the opportunity and the joy to participate...

The story could have ended there, but by then Philippe Cohen Solal wanted more. As soon as the doors of the Hôtel closed again, he began to extend the narrative with long studio nights partnering with Marc Damblé (aka Babylotion/La Dame Blanche) and Florent Cortesi (aka Lazy Flow) to weave a tapestry of soft waves on a silky canvas that pleasantly caresses the post-modernism of the 1990s. “I think I am a paradoxical nostalgic, for I am as drawn by the past as I am by the future, and this disc is quite simply an album of paradoxical nostalgia.” Composed somewhere between the shores of Zanzibar and the streets of Paris, this soundtrack is fully connected with a vision of the world in essence, both open and without any taboo in nature. At the same time abstract and melodic, organic and electronic, refined and raw, the music evokes / summons many styles, from shimmering music to reconfigured dub. Like a pop trip fostering sound reverie, it offers the space a healthy break in these hectic times. “I like the mix of genres and instruments, the collision of cultures and styles. In fact, I have no taboos nor boundaries. Music journeys are still the only time you don’t have to go through police checks and security gates.”
“During the nineteenth century Orientalism was much loved and for me, it was important to introduce it to this project.” insists the one we know to be a retro-futurist ahead of his time. The album echoes this Orientalism through the gentle notes of the blind sitarist Narandra Bataju, the seventy-year-old disciple of Ravi Shankar, those of the accordionist Daniel Mille, the sensitive strings of the Swedish guitarist Peter von Poehl and the no less subtle touches of the young Moroccan oud player Yacir Rami. In these connections that loosen the cemented identities, Maïa Barouh converses with the Palestinian-Japanese soprano Mariam Tamari. Other voices are truly here: Alice Lewis, Amelia Teale, Edie Blanchard, as well as Samito, a Mozambican singer living in Montreal. Each in their own remarkable ways, they invite us to muddy the water, not to keep straight in line of collection of “sung French poetry” and to just meander on wayfaring paths. Long confined behind sound machines, Solal dares to take the mic, reciting as a lead singer of these “bonged” moments. He gives a very personal reinterpretation of some of Gautier's texts – Le Club des Hashischins – and of passages from Baudelaire's Les Fleurs du Mal. “I use my voice as a musical instrument and I sometimes apply electronic effects to distort it.” With Marie Modiano at his side for the ultimate song Rue Baudelaire, he covers the many Parisian addresses of the writer in an atmosphere rich in esoteric melancholy, concluding with the one where he died: 1 rue du Dôme.

As they see fit, it is the listeners’ responsibility to imagine oneself in this soundtrack. Without question, Solal favours the atypical, just like the cover of the album signed by Chicago’s Carlos Rolón, known to street art fans under the name Dzine: the work Gild the Lily, Decadence Upon Decadence IX depicts a bloom of colours with a strong hallucinogenic fragrance. “I would like this to be the soundtrack of a festivity, a party, a fiesta... Like the famous fantasia of the Club des Hashischins.” A meeting without prohibition, with suspended senses. Emblematic of this desire to break gently from the codes of good conduct, the song A celle qui est trop gaie honours the memory of Apollonie Sabatier, muse of the poets and elected “president” of this club of poets and painters all gathered round this private altar. This courtly muse even had Baudelaire as a lover, who devoted to her a cycle of his Fleurs du Mal. This poem, the penultimate theme of the present opus, earned its author a piece in the newspaper Le Figaro. In an article from July 5th, 1857, it says that “this book is a hospital open to all of the dementia of the mind, to all the putridity of the heart; if it were at least to heal them, but they are incurable.” Following the condemnation of Baudelaire and his publisher in a trial for contempt of public morality and violation of religious morals, the collection was thus expurgated of six poems, including these engorged with transgressive lines. It was not until 1949 that Baudelaire was finally rehabilitated, and his masterpiece reissued in full integrity. And this album “Artificial Paradise(s)” is needed so that “the hour of pleasure sounds”…

Translation: Amélie Chaboureau

credits

released October 12, 2018

Chant : Philippe Cohen Solal, Maïa Barouh, Edie Blanchard, Alice Lewis, Amelia Teale, Marie Modiano, Samito, Mariam Tamari.
Choeurs : Gabriela Arnon, Ilhem Khadid, Yaité Ramos.
Oud : Yacir Rami
Flûte : Maïa Barouh
Sitar : Narendra Bataju
Accordéon : Daniel Mille
Harpe : Raffaella Schlemilovitch
Guitares : Philippe Cohen Solal, Marc Damblé, Peter Von Poehl
Claviers et basse : Philippe Cohen Solal, Marc Damblé
Programmations : Babylotion & Lazy Flow

Enregistré par Florent Cortesi, Marc Damblé, César Depouilly.
Mixé by Marc Damblé & Florent Cortesi @ Substudioz, Paris
Masterisé par Benjamin Joubert @ Biduloscope Mastering, Paris

Musiques composées, arrangées et réalisées par Philippe Cohen Solal
Excepté :
« Le Club des Hachichins » et « Harmonie du soir »
par Philippe Cohen Solal & Marc Damblé
« Rue Baudelaire » composé par Philippe Cohen Solal & Daniel Mille.
Textes librement adaptés de Théophile Gautier, Charles Baudelaire,
Adaptation japonaise par Maïa Barouh
« Rue Baudelaire » écrit par Philippe Cohen Solal
« Shizuka» sur le thème de « l’Invitation au Voyage » de Henri Duparc
Arrangements additionnels par Marc « Babylotion » Damblé

Editions Science & Mélodie
Production ¡Ya Basta! Records

Art : Carlos Rolón - Gild the Lily (Decadence Upon Decadence IX)
Graphisme : Andrew Woodhead

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all rights reserved

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Track Name: Le club des hachichins
Il existait jadis en Orient, un ordre de sectaires redoutables commandé par un cheikh qui prenait le titre de Vieux de la Montagne, ou prince des Assassins.
Ce Vieux de la Montagne était obéi sans réplique ; les Assassins marchaient avec un dévouement absolu à l'exécution de ses ordres, quels qu'ils fussent ; aucun danger ne les arrêtait, même pas la mort la plus certaine.
Par quels artifices le Vieux de la Montagne obtenait-il une abnégation si complète ? Au moyen d'une drogue merveilleuse dont il possédait la recette, et qui a la propriété de procurer des hallucinations éblouissantes.
Hachich, Hachich
Hachich, Hachich
Hachich, Hachich

Avant cette révélation, on vous aurait dit qu'il existait à Paris, un ordre des hachichins vous ne l'auriez pas cru, et cependant rien n'eût été plus vrai – selon l'habitude des choses invraisemblables.
Hachich
Mon Dieu, que je suis heureux ! quelle félicité ; je suis en paradis ! je plonge dans les abîmes de délices ! je nage dans l'extase !
Hachich, Hachich
Hachich, Hachich

Un des membres du club, qui n'avait pas pris part à la voluptueuse intoxication afin de surveiller la fantasia et d'empêcher de passer par les fenêtres ceux d'entre nous qui se seraient cru des ailes, se leva, ouvrit la caisse du piano et s'assit.
Ses deux mains, tombant ensemble, s'enfoncèrent dans l'ivoire du clavier, et un glorieux accord résonnant avec force fit taire toutes les toutes les rumeurs et changea la direction de l’ivresse.

Hachich
Track Name: Harmonie du soir
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Harmonie du soir
Harmonie du soir

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Harmonie du soir
Harmonie du soir

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Harmonie du soir
Harmonie du soir

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Harmonie du soir
Harmonie du soir
Track Name: Le parfum
As-tu quelquefois respiré
Avec ivresse et lente gourmandise
Cet encens qui remplit une église,
Un sachet de musc invétéré ?

Charme profond, magique, dont nous grise
Le présent le passé restauré !
et l'amant sur un corps adoré
Du souvenir cueille la fleur exquise.

Le parfum, le parfum, le parfum
Le parfum, le parfum, le parfum, le parfum (x 2)

De ses cheveux élastiques et lourds,
Vivant sachet, encensoir de l'alcôve,
Une senteur montait, sauvage et fauve,

Des habits, mousseline ou velours,
Tout imprégnés de sa jeunesse pure,
Se dégageait un parfum, un parfum de fourrure.

Le parfum, le parfum, le parfum
Le parfum, le parfum, le parfum, le parfum (x 2)
Track Name: Philippe Cohen Solal, Samito - Perfume exótico
Quando eu a dormitar, num íntimo abandono,
Respiro o doce olor do teu colo abresante,
Vejo desenrolar paisagem deslumbrante
Na auréola de luz d'um triste sol de outono;

Um éden terreal, uma indolente ilha
Com plantas tropicais e frutos saborosos;
Onde há homens gentis, fortes e vigorosos,
E mulher's cujo olhar honesto maravilha.

Conduz-me o teu perfume às paragens mais belas;
Vejo um porto ideal cheio de caravelas
Vindas de percorrer países estrangeiros;

E o perfume subtil do verde tamarindo,
Que circula no ar e que eu vou exaurindo,
Vem jumtar-se em minh'alma à voz dos marinheiros.
Track Name: L'invitation au voyage
Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
à travers leurs larmes.

All is order and beauty
Peace, pleasure, luxury
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Miroirs profonds,
Splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

All is order and beauty
Peace, pleasure, luxury
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
la ville entière,
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
chaude lumière.

All is order and beauty
Peace, pleasure, luxury

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté
Track Name: Philippe Cohen Solal, Maïa Barouh, Mariam Tamari - Shizuka
静か

愛するあなた甘い夢を見ましょう
遠い国で一緒に暮らそうよ
自由に愛しあって 慈しみ そして死ぬの
あなたに似たその国で

太陽は滲み 霧のかかった空は神秘的で 私の精神を虜にする
あなたの裏切りの瞳は涙を通して輝くのだ

そこでは全てが秩序と美しさに満ちて
豪華で静かでそして快楽
Track Name: Bon voyage
Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah! que le monde est grand à la clarté des lampes!
Aux yeux du souvenir que le monde est petit!
Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers:
Bon Voyage, Bon Voyage
Bon Voyage, Bon Voyage
Bon Voyage, Bon Voyage
Bon Voyage, Bon Voyage
Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.
Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Bon Voyage, Bon Voyage
Bon Voyage, Bon Voyage
Bon Voyage, Bon Voyage
Bon Voyage, Bon Voyage
Etonnants voyageurs! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers!
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.
Track Name: Philippe Cohen Solal, Alice Lewis, Edie Blanchard - À celle qui est trop gaie
Charles Baudelaire


Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comm' un beau paysage ;
Le rire joue en ton visage
Comme un vent frais dans le ciel clair.

Le passant chagrin que tu frôles
Est ébloui par la santé
Qui jaillit comme une clarté
de tes bras et de tes épaules.

Les retentissantes couleurs
Dont tu parsèmes tes fenêtres
Jettent dans l'esprit des poètes
L'image d'un ballet de fleurs.

Ces robes folles sont l'emblème
De ton esprit bariolé ;
Folle, je suis affolé,
Je te hais autant que je t'aime !

A Celle qui est trop gaie

Quelquefois dans un beau jardin
Où je traînais mon atonie
J'ai senti, comme une ironie,
Le soleil déchirer mon sein ;

Et le printemps, la verdure
Ont tant humilié mon coeur,
Que j'ai puni sur une fleur
L'insolence de la Nature.

Ainsi, je voudrais, une nuit,
Quand l'heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne,
Comme une lâche, ramper sans bruit,

A Celle qui est trop gaie

Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse,

Et vertigineuse douceur !
A travers ces lèvres, lèvres nouvelles,
Plus éclatantes et plus belles,
T'infuser mon venin, ma soeur !

A Celle qui est trop gaie
Track Name: Philippe Cohen Solal, Marie Modiano, Peter Von Poeh, Daniel Mille - Rue Baudelaire
13 rue Hautefeuille
50 rue Saint-André-des-Arts
Pension Levêque et Bailly, rue de l’Estrapade
17 rue du Bac
lycée Louis-le-Grand
22 rue du Vieux-colombier
22 quai de Béthune
rue Vaneau
15 puis 17 quai d’Anjou (Hôtel Pimodan)
hôtel Corneille, rue Corneille
hôtel de Dunkerque et Folkestone, 32 rue Laffitte
33 rue Coquenard
24 rue de Provence
7 rue de Tournon
6 rue de la Femme-sans-tête
68 rue de Babylone
25 rue des Marais-du-Temple
11 boulevard Bonne Nouvelle
hôtel du 60 rue Pigalle
hôtel d’York, 61 rue Sainte-Anne
hôtel du Maroc, 57 rue de Seine
hôtel de Normandie, 13 rue Neuve-des-Bons-Enfants
27 rue de Seine
18 rue d’Angoulême
hôtel Voltaire, 19 quai Voltaire
22 rue Beautreillis
hôtel de Dieppe, 22 rue d’Amsterdam
hôtel du Chemin de fer du Nord, place du Nord
1 rue du Dôme

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